Université de Buea: Tentative de représailles sur des étudiants équato-guinéens
DOUALA - 7 DECEMBRE 2007
© La Nouvelle Expression
Une cinquantaine d’entre eux a trouvé refuge depuis hier dans un commissariat à Buea. Où le consul général de Guinée Equatoriale au Cameroun est venu les chercher hier soir, pour les ramener à Douala.
Des personnes anonymes, qu’on a tôt fait d’assimiler aux étudiants de l’université de Buea, n’ont pas attendu. Lorsqu’ils ont appris que des Camerounais étaient pourchassés en Guinée Equatoriale depuis mercredi et se sont abrités pour la plupart dans les locaux des missions diplomatiques camerounaises à Bata et Malabo, ils ont entrepris de localiser dans le campus de Molyko, à Buea, tous les étudiants équato-guinéens. Afin de leur rendre la monnaie. Si ces Camerounais n’ont pas réagi par la violence, la panique s’est emparée de ces étudiants qui, rapidement, ont compris qu’ils peuvent payer innocemment la barbarie de leurs frères au pays.
Lorsque les agressions ont commencé, selon des sources concordantes, la police s’est rapidement déployée avec prudence, il est vrai, pour protéger les étudiants agressés. Certains, arrivés au commissariat du deuxième arrondissement de Buea, présentaient des hématomes. D’autres, venus de leur propre chef pour se mettre à l’abri, portaient leurs baluchons. Tard, hier soir, selon des informations de sources policières, près de cinquante étudiants Equato-Guinéens étaient rassemblés dans les locaux de la police.
Interrogés sur ces événements, Belmondo Atanga, le secrétaire général de l’Union des étudiants de l’université de Buea, rejette vigoureusement l’implication de ses camarades dans ces agressions : “ Je tiens à dire avec force que l’Union des étudiants de l’université de Buea dont je suis le secrétaire général n’a lancé aucun mot d’ordre pour attaquer nos camarades de Guinée Equatoriale.
Position
Lorsque j’ai été informé de ces attaques, je suis immédiatement descendu au campus de Molyko où la police avait déjà pris position. Je n’ai vu aucun étudiant camerounais agresser un étudiant équato-guinéen. Nous avons constaté que c’est le fait des populations venues des quartiers. Aucun lien avec les étudiants de l’université de Buea qui étaient d’ailleurs scandalisés. Je tiens également à préciser que nous ne voulons pas nous mêler de ces questions-là qui sont d’ordres politique et diplomatique. Alors, je lance un appel en direction de nos frères de Guinée Equatoriale afin qu’ils regagnent leurs chambres, en comptant sur nous pour leur apporter notre encadrement, autant que possible ”.
Juste avant que nous n’allions sous presse, l’on apprenait que Manuel Mbela Bama Ndong, le consul général de Guinée Equatoriale au Cameroun, s’était rendu à Buéa dans la soirée d’hier. Nos sources affirment que le diplomate équato-guinéen avait emmené avec lui trois cars Coaster à bord desquels la cinquantaine d’étudiants équato-guinéens a embarqué pour Douala, sous l’escorte de la police camerounaise.
C’est autour de 3 heures 30 du matin que le cortège a fait son entrée à Douala.
Toutefois, la situation était redevenue calme dans le campus de Buéa. Tout comme du côté de la Guinée Equatoriale où les autorités locales auraient entrepris de rassurer les Camerounais, afin qu’ils acceptent de regagner leur domicile. Mais, la méfiance et la peur dans la communauté camerounaise demeurent de mise, a-t-on appris de certains Camerounais qui hésitent à regagner leur domicile.
D. Nouwou
Fuente: cameroon-info